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LA MEDAILLE PIECE AVEC CHENILLE

Un spectacle de Zabou Breitman d’après le roman de Lydie Salvayre
Jean-Claude Frissung, Caroline Gonce, François Levantal, Éric Prat, Delphine Théodore.
Du jeudi 09 septembre 2010 au samedi 09 octobre 2010
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TH.ROND-POINT SALLE RENAUD BARRAULT
2b av. Franklin Roosevelt, 75008 Paris, M° Franklin Roosevelt
Place à partir de 37,40 €
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A savoir :
La médaille pièce avec chenille nous parle de ce rituel grotesque ou essentiel : la remise des médailles. C’est l’heure. On s’agite, on palpite.
Au micro vont se succéder les employés de l’entreprise Bisson, substitution du noyau familial.
Caricatural :
La salle du théâtre du rond point se remplit au fur et à mesure de son public, une musique ambiance fête populaire s'entend derrière les discussions de retrouvailles. Huit portraits photos suspendus sur les murs, des jeunes et des vieux, des femmes et des hommes, des binoclares et des pomponnées. Et puis les acteurs finissent les installations et la cérémonie de remise des médailles commence, avec d'un côté les cadres pour tenir le discours capitaliste rodé et de l'autre les médaillés pour raconter leur vie à l'usine, et bien sûr leur vie tout court.
Le schéma est propre : style, attitude, phrasé, on sait qui sont les méchants et qui sont les gentils, dans ces stéréotypes poussés à l'extrême, respectant tout de même un statut littéraire et artistique "intellectuel".
Pour ceux qui n'ont jamais vu d'usine, on y trouve les sources de la critique du capitalisme par quelques raccourcis directs. Ca pousse même à en rire, et du coup à critiquer la critique : si c'était aussi simple !
Une anthologie de la lutte des classes, à conserver pour les livres d'histoire de nos arrières-petits enfants?
(Irène, Paris)
Ca ne prend pas :
Ceci n'est pas une pièce de théâtre. C'est un spectacle, comme indiqué sur l'affiche. C'est peut-être comme ça qu'il faut comprendre l'intention de Zabou Breitman : mettre sur la scène d'un théâtre la scène d'une cérémonie de remise de médailles du mérite à des ouvriers d'une usine.
Du coup, nous, public, on joue aussi un rôle : on devient un peu les salariés de cette usine, ceux à qui ce show de la Direction est destiné. On doit se sentir impliqués, quoi. D'ailleurs pour bien nous le faire sentir, les acteurs descendent à plusieurs reprise de scène pour venir discuter, distribuer des tracts... ou même faire la chenille.
Hélas, hélas, on est au théâtre du Rond-Point, dans l'immense salle Jean-Louis Barrault, près des Champs-Elysées. Pas de décors, pas de rideau, rien qui nous permette de faire cette transition vers le monde du théâtre. Alors on est perdu, car tout de même on y est bien au théâtre ; mais sans y être vraiment non plus.
Et on assiste, un peu mal à l'aise, à la succession de discours de la Direction et des ouvriers médaillés, dans une gradation vers le monstrueux sensée nous amener dans une explosion caricaturale et jubilatoire dénonçant le système.
Mais ça ne prend pas, et on se sent de plus en plus étranger à ce qui se passe sur scène. L'humour tombe à plat, les clichés restent de simples clichés, et le tout est finalement un peu pénible.
Le livre d'origine, de Lydie Salvayre, fonctionne certainement par la puissance des mots. Preuve une fois de plus que tout n'est pas bon à adapter au théâtre.
Marie-Hélène, Paris
En synthèse :
Une suite de clichés vieillots et maladroits sur la lutte des classe, une déception.
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