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L'AMANT

L'amant de Harold Pinter
Mise en scène de Didier Long
Avec Léa Drucker et Pierre Cassignard
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La pièce n'est plus à l'affiche
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Le pitch :
L'amant, c'est un couple marié, Sarah et Richard, qui vivent aisément, dans le confort d’un cottage, près de Londres. Le duo semble "aller de soi". Plusieurs fois par semaine, Sarah reçoit avec la complicité de son mari, la visite de "Max", son amant. Les règles de ce jeu semblent avoir été établies d’un commun accord. Dans ce climat d’une inquiétante sérénité, les visites de "Max" vont devenir le principal sujet de conversation du couple. Jusqu’où les personnages peuvent-ils rester maîtres de ce qu’ils engendrent ? Pinter, lui, ne résiste pas au plaisir de les mener, à pas feutrés, jusqu’aux frontières de la folie.
Brillant :
Cette pièce de Pinter nous plonge dans le labyrinthe des jeux dangereux de l’amour, avec esprit, humour, dérision et une pointe de cruauté. Didier Long nous en donne une lecture jubilatoire et intelligente, dans un superbe décor, sobre et efficace.
La pièce est remarquablement construite, les dialogues sont incisifs, Pinter joue au chat et à la souris avec ses personnages, comme avec les spectateurs. Au départ, on se croirait dans un vaudeville : la femme, le mari et l’amant dont on parle tant. Routine du quotidien, lever en pyjama et charentaises, côte à côte conventionnel d’un couple au bord de l’essoufflement amoureux. Et même si le début m’a semblé un peu lent, il donne le ton : cette normalité de surface est empreinte de cette pesanteur diffuse qui ne sert qu’à sauver des apparences forcément trompeuses.
Léa Drucker, campe une Sarah à la fois fragile et forte, perverse et pudique, victime et manipulatrice et Pierre Cassignard un Richard vulnérable et brutal au bord du déséquilibre, touchant avec ses pulsions qui le dépassent.
Ils nous emmènent avec brio dans les méandres de l’amour conjugal avec la subtilité nécessaire pour nous révéler toutes les ambiguïtés de leurs personnages.
Voilà un spectacle dont le succès sera bien mérité !
(Patricia, Paris)
Accessible :
Cette pièce pourrait n’être que l’histoire particulière d’un couple « lambda » suffisamment libre pour que leur quotidien soit organisé autour d’un adultère accepté.
Sarah a un amant qui lui rend visite régulièrement l’après-midi avec l’assentiment de son mari qui pousse la complaisance jusqu’à déterminer à l’avance l’heure à partir de laquelle il peut rentrer pour éviter de le croiser.
Le début est lent, scandé par les rituels du couple, petits matins et soirées, parfaitement accompagnés par un décor à la fois épuré et très élaboré. Et le véritable « rituel » n’est pas celui qu’on pense
Alors que Pinter n’est pas un auteur facile, qu’il s’amuse souvent à brouiller les pistes, pour une fois on se sent intelligent et cette pièce est à la fois riche et très accessible. Son intensité est formidablement rendue par une mise en scène et un texte parfaitement accordés, soutenus par le jeu des acteurs sobre et violent parfois.
J’ai plus qu’aimé cette pièce car l’auteur a su déjouer la complexité liée à l’ambigüité des personnages. Tout est dans le non-dit que le spectateur devine progressivement tout en retenant son souffle. Pinter bouscule les conventions, secoue les idées reçues, dévoile les ressorts secrets, intimes, sexuels des personnages qu’il invente… mais les invente t-il vraiment ?
Cette pièce marquera sans nul doute cette saison théâtrale, elle n’est pas forcément destinée à un public trop jeune mais régalera tous ceux qui aiment le très bon théâtre.
(Florence, Paris)
En synthèse :
Un Pinter très bien mis en scène et remarquablement interprété.
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