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KRAMER CONTRE KRAMER

D’après le roman de Avery Corman
Adaptation et mise en scène de Didier Caron et Stéphane Boutet, avec Frédéric Diefenthal, Gwendoline Hamon, André Penver, Maud Le Guenedal, Roland Marchisio
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La pièce n'est plus à l'affiche
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Le pitch :
Kramer contre Kramer débute le jour de l’anniversaire de son fils, quand Joanna Kramer décide de quitter son mari Ted, lui laissant sur les bras Billy, âgé de six ans.
Emouvant :
Je devais, ce soir là, être une des rares personnes à ne pas avoir vu le film du même nom. J'étais donc là sans a priori, neutre de toute référence. Il doit être difficile lorsque l'on connait le film de se soustraire à l'interprétation qui en a été faite par Dustin Hoffman et Meryl Streep , probablement. Ceci étant, nous sommes ici au théâtre, un univers autrement différent, autrement plus réaliste !
L'intrigue, qui au début des années 80 pouvait avoir un parfum d'inédit, se trouve, 30 ans plus tard, être passée dans la banalité. Dans le rôle de cet homme qui apprend à devenir père suite au départ de sa femme, Frédéric Diefenthal, toujours très juste, m'a définitivement convaincue. Gwendoline Hamon, mère déchue en quête d'elle-même, qui cherche à se reconstruire en tant que femme, bien que peu présente sur scène, nous émeut avec une composition saisissante.
On éprouve des sentiments ambivalents à l'égard de ces deux personnages, qui, tour à tour nous inspirent mépris, compassion, puis... compréhension.
Mais le Molière revient sans nul doute possible au petit Nicolas Rompteaux qui interprétait ce soir-là Billy, dont le jeu vient nous nouer la gorge à quasi chaque apparition tant cela semble réaliste. Il ne joue pas, il s'amuse, il se donne avec candeur, justesse et tant de générosité ; il est vrai (l'apanage des enfants).
Les rôles secondaires ne sont pas en reste et tous apportent un vrai plus à la dynamique de la pièce (je pense notamment à André Penvern que j'ai trouvé détonnant dans son apparition en garçon de salle (un petit côté Oncle Fester dans la Famille Adams, j'ai trouvé !).
Jamais la pièce ne fait dans le manichéisme, impossible de prendre position pour l'un ou pour l'autre ; le seul coupable serait alors le manque de communication intra-conjugal, banal... mais là n'est pas la question essentielle posée par cette pièce.
Point de mièvrerie, point de sentimentalisme outrancier et beaucoup de pudeur qui n'empêche pourtant pas cette pièce d'être terriblement émouvante. Larme à l'oeil vous aurez donc... à voir de tout urgence !
Vanessa (Paris)
Bluffant :
J'ai été bluffé pas la mise en scène. Les décors, qui avant le début de la pièce, n'avaient pas manqué de me laisser (très) sceptique. Et pourtant, très vite, j'ai compris.
Les tableaux s'enchaînent avec vivacité, justesse, efficacité... Entre chaque scène, devant nous le décor s'installe, se retourne, s'ouvre, se transforme.. comme on tourne la page d'un livre sans rompre l'action... et nous voilà ailleurs. Faut il qu'un technicien ait a placer un banc, rideau levé ? C'est un jogger qui nous l'apporte.. et nous voilà d'un coup, sans doute possible, à Central Parc.. Et ça sonne juste, sans temps mort.
Voilà de quoi permettre aux acteurs de s'exprimer. Jouer au théâtre.
Alors bien sûr, le ton est appuyé, la voix porte, le geste est ample.. nous sommes bien au théâtre.
Et pourtant.. parfois... le ton change, le jeu change.. nous ne sommes plus au théâtre... les voix se nouent... la colère sourd... ces parents, cet enfant... aiment... souffrent. Et l'émotion nous gagne...
Ce soir là Nicolas Rompteaux incarnait Billy. Au début il nous surprend par l'authenticité de son ton... puis très vite il nous porte... il nous touche. Frédéric Diefenthal navigue alors entre les deux univers... celui théâtral du jeu appuyé... et celui plus "vrai" de l'enfant.. et c'est là que la magie opère... quand nous sommes parfois transportés "dans la vraie vie".
J'ai eu la gorge serrée ce soir là. Certes me direz-vous le scénario "est vendeur".. mais je n'étais plus au théâtre... ces scènes-là... n'étaient pas jouées.. elles étaient vécues... Et vous savez quoi ? à la fin... j'ai pleuré.
Thierry (Prunay-le-Temple)
En synthèse :
Une pièce émouvante, qui à su éviter tout pathos facile. Du beau théâtre !
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