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PREMIERS AMOURS
Premier amour est une pièce de Samuel Beckett avec Sami Frey. |
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| La pièce n'est plus à l'affiche
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Le pitch :
"J'associe, à tort ou à raison, mon mariage avec la mort de mon père, dans le temps. Qu'il existe d’autres liens, sur d'autres plans, entre ces deux affaires, c'est possible. Il m'est déjà difficile de dire ce que je crois savoir." Samuel Becket
Beckett en superbe compagnie :
A peine deux bancs, un mur vaguement brun, une lumière rouge au-dessus d'une porte effacée. Sur un banc, un homme, assis, le regard un peu perdu, un peu rêveur, un peu ailleurs. Ainsi privé de temps et ainsi privé d'espace, l'homme se met à parler. Par des chemins détournés, bordés d'absurde, il nous raconte ce qu'il appelle son premier amour.
A travers un récit tout à tour noir, terrible et drôle, Premier Amour nous emmène dans le monde si particulier de Beckett, fait d'autant de poésie que de saleté, d'autant d'amour que de mépris.
Mais le texte de Beckett est d'abord une nouvelle, donc pas spécialement destiné à être mis en scène : le récit n'est pas rythmé pour cela. C'est là le seul petit point faible de la pièce, que ni la petite musique de fond ni la mise en scène ultra minimaliste ne pallient.
Car on assiste tout de même à un moment de pur génie : la composition de Sami Frey est absolument merveilleuse. Son regard un peu fou, doucement triste et rêveur, sa belle voix qui se perd tranquillement dans les mots, donnent au récit toute sa puissance et en rendent toutes les vibrations. Avec un tel guide, on entre avec un immense plaisir dans l'univers de Beckett.
Que vous soyez fan de l'auteur irlandais ou que vous ayez envie de le découvrir, ne vous posez pas de question sur Premier Amour, courez-y : vous y trouverez Beckett en superbe compagnie.
Marie-Hélène (Paris)

Riche :
Seul en scène, un homme nous parle. Avec sa musette et son chapeau, il erre de banc en banc, chassé par des sirènes hurlantes et un feu rouge clignotant. Il est décalé, aussi bien dans la société que dans sa tête. Il ne sait pourquoi il associe dans sa mémoire la mort de son père et son « mariage ». Il faut entendre toute la pièce pour comprendre que seules ces deux personnes l’ont protégé : son père, mais il est mort, sa « femme », en réalité une prostituée qui l’a recueilli quelques temps.
Dans cette conjoncture angoissante, dont le public est conscient, mais pas l’homme qui parle, Beckett nous plonge sans peine dans certains de ses thèmes récurrents : la solitude, l’incapacité à communiquer qui va de pair ici avec l’incapacité à prendre quelque responsabilité que ce soit.
Comme toujours Beckett sait être drôle, et le rire alterne sans relâche avec l’émotion. Sami Frey campe le personnage avec justesse et retenue, en n’élevant pratiquement jamais la voix. Cela met bien en valeur les fragilités du personnage ; la diction parfaite de l’acteur permet de ne rien perdre de ce monologue très riche.
A recommander donc, à un public qui aime qu’on sollicite sa réflexion sans le désespérer, et à tous les admirateurs du grand acteur qu’est Sami Frey.
Isabelle (Paris)
En synthèse :
Une belle rencontre, entre un auteur de génie et un grand interprete.