Rechercher par titre de pièce, théâtre, comédien, metteur en scène, auteur :

LE SUICIDE

De Nicolaï Erdman
Mise en scène Volodia Serre
Avec Alban Aumard, Olivier Balazuc, Bruno Blairet, Laure Calamy, Philippe Canalès, Gretel Delattre, Alban Guyon, Gaëlle Hausermann, Catherine Salviat, Alexandre Steiger et le musicien Jean-Marie Sénia…(distribution en cours)


(La pièce n'est plus à l'affiche)

Genre :
Vaudeville soviétique
(Durée indicative : 2h15)

Le sujet :
Sémione est un monsieur-tout-le-monde, mesquin et égoïste, qui va se voir transfiguré par les épreuves successives qu’il subit. C’est la règle du vaudeville qui lance la mécanique : de petites causes ont de grands effets.

LES AVIS :

Humour noir :
"Moscou, 1928. Sémione, sans emploi, ne supporte plus de vivre au crochet de sa femme". Ne vous arrêtez pas à la première ligne du résumé car sous ses apparences de vaudeville soviétique au titre déprimant se cache une comédie hilarante à l'humour noir bien aiguisé.
A la suite d'un quiproquo absurde (un saucisson prit pour un revolver), tout le monde croît Sémione suicidaire. S'engage alors en plein régime Stalinien une mécanique d'événements en chaîne grotesques, tragiques et terriblement drôles qui n'ont de cesse de nous surprendre jusqu'à la dernière seconde du spectacle.
La mise en scène soignée de Volodia Serre met parfaitement en lumière l'univers humoristique très particulier de Nicolaï Erdman, auteur au destin presqu'aussi tragique que son personnage principal (banni de Moscou- pièce interdite) et rattache les rouages de la comédie au contexte historique par de subtiles références (accompagnement direct au piano façon cinéma muet soviétique).
Servie à merveille par une troupe de comédiens d'une énergie folle mené tambour battant par un excellent Alexandre Steiger, cette pièce est un petit bijou de drôlerie qui n'est pas sans rappeler l'univers déjanté du cinéaste Emir Kusturica. Le théâtre 13 a bon goût et nous le prouve à nouveau.
(Rémy, Paris)

Originale :
Le théâtre 13 propose une pièce originale, profondément burlesque.
La comédie s'installe ici dans un climat politique particulier, le système totalitaire de l'URSS des années Staline, qui sous-tend discrètement toute la pièce.  C'est sur cette toile de fond que viennent s'enchaîner un à un les rouages de la comédie à partir d'un simple quiproquo.
L'intrigue est extrêmement drôle et servie par d'enthousiastes personnages vaudevillesques. Mais on ne retient du vaudeville que ses personnages, ici, pas de triangle amoureux mais des relations bien particulières  (comprendre interessées et tordues) entre personnages avides de reconnaissance individuelle dans le cadre d'un appartement communautaire.
Le questionnement sur son être du personnage principal Sémione est très touchant. Mais cette dimension plus profonde de la pièce peut être altérée par l'aspect caricatural des personnages qui paraît parfois excessif (beaucoup de cris, de mimiques circassiennes). On se prend pourtant au jeu, la salle rit au rythme soutenu des successions de scènes grotesques et des chansons qui les accompagnent qu'on reprendrait volontiers en choeur avec eux.
La mise en espace est très ingénieusement conçue notamment à l'aide d'un meuble qui se transforme au grès des scènes pour matérialiser lit, banquet ou cercueil. Cette pièce d'environ 2h15 est suffisamment bien rythmé pour ne pas s'ennuyer, le texte dépaysant et d'une insolente drôlerie, j'y ai passé une excellente soirée.
(Léopoldine, Paris)

En synthèse :

Un truculent vaudeville russe, écrit en 1928, à la fois drôle et grave.