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LE MALADE IMAGINAIRE

La malade imaginaire, une pièce de Molière, mise en scène de Georges Werler, avec Michel Bouquet, Juliette Carré... (Durée indicative : 2h)


(La pièce n'est plus à l'affiche)

Le sujet :
Après le triomphe de l’Avare en 2007, Michel Bouquet et Juliette Carré reviennent sur les planches du Théâtre de la Porte St Martin entourés d’une troupe dynamique et talentueuse, pour le Malade Imaginaire de Molière.

LES AVIS :

Décapant :
A 80 ans et quelques poussières, Michel Bouquet, toujours fringuant, semble bien déterminé à donner un coup de jeune à Molière ! Après l’Avare, l’année dernière, le voilà revenu pour notre plus grand plaisir.
Dans un somptueux mais pourtant sobre décor rouge et or, seul en scène dans la scène d’introduction, savourant son texte même dans les silences savamment distillés, il est déjà son personnage de la tête aux pieds, jusqu’au plus petit frémissement. Habité par son rôle de bourgeois mesquin et pathétique, il nous rappelle qu’on peut voir dans les pièces de Molière aussi autre chose que des farces bouffonnes. Il est pathétique, ce malade-là, cruel, égoïste, manipulé comme un pantin et tyran manipulateur. Car, chez Molière, on rit (beaucoup) mais on s’interroge aussi sur chacun de nos petits travers tristement humains.
Malgré quelques scènes parfois un peu longues, la pièce est décapée, décapante, véritable comédie de mœurs et satire sociale. Médecins, hommes d’affaires véreux, pères qui tyrannisent leurs filles, bref les symboles du pouvoir sont égratignés. Même les costumes, deviennent les symboles de ceux qui les portent : pas de cohérence temporelle, mais ils représentent des stéréotypes (ah, le ballet des médecins en toges, chaussons et gants blancs !). De plus, tous les acteurs sont justes et à la hauteur du maître.
(Patricia, Courbevoie)

Une interprétation originale et fine :
Une pièce de Molière à l’affiche…et déjà on pense à un burlesque désopilant ! Certes, mais en plus, après 25 ans de complicité metteur en scène/acteur, voici un Michel Bouquet jouant tout en finesse, nous livrant une pièce d’une extrême profondeur.
Durant les 3 actes (2h), l’espace scénique aux couleurs chaudes et à l’éclairage fixe, reste dépouillé. Seule une surdimensionnée armoire à pharmacie à l’astucieux miroir interpelle le public, lors de son ouverture. Ainsi, une sobriété de jeu va en découler et le texte y gagne dans une lecture plus limpide qu’à l’accoutumée. Notre maître (déçu d’être « trop distrait au point de n’avoir plus le temps de songer à la maladie ») échange avec sa bonne plus que dans d’autres Molière : son rôle comique y est donc aussi prépondérant.
En plus des satires envers la médecine de l’époque, l’auteur nous fait réfléchir sur la duplicité de certains lorsque les masques tombent.
La cérémonie finale en latin macaronique plait toujours, surtout lorsqu’il s’agit de médecins, tout de blanc vêtus, arborant des chaussons et des gants en latex, tels des chirurgiens en plein travail. Juste un regret, parfois la portée des voix semble faible.
(Claude. Courbevoie)

En synthèse :

Loin d'une farce burlesque, Michel Bouquet nous compose
un Argnan vieux et malade, presque pathétique.