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LA DIVINE MISS V

Une pièce de Mark Hampton et Mary Louise Wilson,
Adaptation de Jean-Marie Besset;
Avec Claire Nadeau. Mise en scène: Jean-Paul Muel.


(La pièce n'est plus à l'affiche)

Genre :
Contemporain
(Durée indicative : 1h15)

Le sujet :
On ne peut pas être et avoir été. Mais on peut se refaire. Diana Vreeland, rédactrice en chef redoutée du magazine Vogue, régna pendant des années sur le monde de la mode. Elle était née pour contredire la célèbre phrase de Scott Fitzgerald, «il n’y a pas de deuxième acte dans la vie d’un Américain». En 1971, virée du jour au lendemain, la voilà bien malgré elle au «chômage».

LES AVIS :

Divin :
Quel personnage que Diana Vreeland, figure emblématique de Vogue dans les années 70-80, créant et défaisant les diktats de la mode dans ce magasine grand luxe! Reine du snobisme, futile, frivole, exaspérante, « vacharde », on l ’ imagine impériale et tyrannique dans son rôle de papesse de la mode. Virée peu élégamment par ses patrons ingrats, elle doit se « renflouer » et refaire surface dans ce monde impitoyable où les codes de l ’ apparence et du luxe priment.
On aurait pu, s’arrêter à cette image un peu superficielle, fort heureusement , l’auteur, Mary Louise Wilson a su trouver sous la surface une femme drôle, émouvante, fière et fragile, lucide dans ce monde de dupes, en bref une femme d’une grande intelligence, dotée d’un sens de l’humour irrésistible.
Et quand, Claire Nadeau, nous ouvre une porte de la vie de la divine Miss V., on se dit que Vreeland, Wilson et Nadeau, cela fait un sacré trio! Enjouement, dépit, rancœur, nostalgie, aphorismes caustiques (« le bonheur, c’est bon pour les vaches dans les prés », nous dit-on sans sourciller!), on passe d’une émotion à l’autre sans y prendre garde, tout est ciselé, maîtrisé, parfaitement orchestré. Merci, Claire Nadeau, dans ce décor rouge passion vous étiez tout simplement divine, et une heure et demie, c’était bien trop court!
(Patricia, Courbevoie)

Un talentueux monologue:
Se souvient-on de l’humour déjà personnel et absurde de Mme Foldingue, personnage révélé lors d’un show télévisé des années 80? Dans des registres comiques ou dramatiques, Claire Nadeau a depuis, toujours su exceller. Et là, dans cette prestation en soliste, va t-elle nous convaincre sur le rôle d’une rédactrice en chef au bord du gouffre, fascinée par le monde de la mode, au passé charismatique et prestigieux?
Cette femme de grande classe, au maquillage blanc, raffinée, toute vêtue de noir, se détache avec splendeur du décor rouge flamboyant, orné d’ombrelles, dans le respect d’une vie riche et luxueuse. Pas un cheveu ne dépasse de la magnifique chevelure noire, si bien domptée…et si elle avait été une geisha ? Une excellente diction rythme ce monologue qui se trouve ponctué par l’amusante voix off de la servante allemande et les nombreux, mais malchanceux, échanges téléphoniques des personnes du grand monde, rappelant à la diva du business que « son avenir est derrière elle ».Le rêve sera-t-il alors son moteur pour un plan B? Claire Nadeau joue avec dérision de sa voix grave, mais distinguée, aux chutes si inattendues. Les instants de lecture, face public, de la presse incendiaire à son égard, sont assez désopilants.
Ainsi, saluons ce bon choix d’avoir remis à l’affiche à Paris, ce spectacle déjà présenté à Avignon, au succès plus que remarqué !
(Claude, Courbevoie)

En synthèse :

A priori le personnage n'est guère sympathique, mais
Claire Nadeau réussie à rendre cette évocation passionante.