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LA GRANDE MAGIE

D'Eduardo de Filippo, mise en scène de Dan Jemmett, avec la troupe de la Comédie-française

La pièce n'est plus à l'affiche

Le sujet :
Dans une station balnéaire où tout le monde s'ennuie, au cour d'un spectacle un peu minable, Otto Marvuglia, un magicien sur le retour, fait disparaître la femme de Calogero di Spelta, laquelle profite de ce stratagème pour s'enfuir avec son amant.

LES AVIS :

Eblouissant :
Tous les comédiens sont excellents : le couple de magiciens fauchés sur le retour, le mari trompé (Denis Podalydès) qui ne tient pas à regarder la réalité en face ou la jeune fille - puis belle-sœur du protagoniste - remarquablement et sensiblement interprétées par Judith Chemla.
On voyage entre le spectacle, la manipulation, l’aveuglement, la folie, le jeu et la réalité.
Par le texte, le propos, la mise en scène et l’interprétation, on est ébloui, on sourit, on réfléchit : tout nous porte à vivre un vrai moment de magie théâtrale !
(Florence, Asnières)

Joyeux :
La Grande Magie s'opposerait à la petite magie: si celle-ci consiste à faire disparaître, puis ré-apparaître, de petits objets, sous la seule responsabilité du magicien et en ne mettant en jeu que des "trucs", celle-là se préoccupe de personnes, et ne dépend plus seulement du magicien mais aussi du spectateur.
Eduardo De Filippo nous plonge ainsi dans une conception du monde où les idées, la pensée, l'esprit, précèdent la réalité: une conception métaphysique, dans laquelle la réalité sensible n'est qu'un reflet, qu'une apparence de l'au-delà.
Ce n'est ainsi qu'au moment où le mari s'est libéré de sa jalousie maladive et des conventions sociales pour se reconnecter à son instinct et déclarer son amour comme au premier jour, que sa femme ré-apparaît, à la surprise même du magicien. Si Calogero di Spelta réfute cette apparition, c'est parce qu'elle s'est manifestée quelques instants avant qu'il n'en ait émis l'idée. Par ce refus, il affirme la suprématie d'une conception métaphysique du monde sur une conception matérialiste.
Le sérieux de cette lecture ne transparaît pas dans une pièce virtuose, joyeuse, enlevée, et servie par des comédiens sublimes dans une mise en scène irréprochable .
(Beni Dal, Moulin)

 
 

En synthèse :

A y rechercher un message, on se perd en conjonctures,
mais pour qui se laisse porter c'est éblouissant.