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LA
NUIT DES VALOGNES
(Jusqu'au
dimanche 13 janvier)
Pièce
D'Eric-Emmanuel Schmitt.
Mise en
scène de Régis Santon
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THEATRE
SILVIA MONFORT
106, rue Brancion
75015 PARIS
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Genre
:
Théâtre contemporain

Le
sujet :
Une nuit à Valognes, six femmes, qui furent
victimes de Don Juan, vont instruire son procès
et le condamner... Mais son véritable châtiment
sera l'amour, amour qui se présente à lui
sous une forme qu'il ne peut accepter.
(Durée indicative : 1h45)
Belle
pièce
:
Sur cette scène immense du théâtre Sylvia Montfort, le temps semble suspendu.
Quelques fauteuils sont disséminés, un gigantesque tableau est suspendu, de
grandes portes laissent filtrer une superbe luminère . Une femme arrive,
puis une deuxième,
une troisième, une quatrième, toutes vêtues de blanc. Chacune vient
compléter le beau camaïeu de la scène. Que viennent-elles faire ici? Elles
l'ignorent. Une mystérieuse invitation
les a conviées dans ce lieu
loin de tout.
Elles
sont toutes d'âge différents, de parcours de vie différents,
d'expérience différente. Alors quel est leur point commun?
Telle une
pièce d'Agatha Christie l'intrigue se déroule petit à petit sous nos yeux.
Dans un très bel effet de mise en scène, le portrait s'anime. Don Juan surgit
et l'hôtesse de ces lieux peut démarrer le procès de Don Juan, puisque les
4 victimes sont réunies.
Le propos original. Le
texte est vif et les acteurs, tous excellents, prennent plaisir à s'approprier
ces dialogues percutants. Eric-Emmanuel Schmitt sait une fois de plus
nous
surprendre
et
aller là où
on ne l'attendait
pas.
Sa
pièce est le prétexte à une plaidoierie très pertinente sur l'amour qui frappe
là où on ne l'attend pas forcément. Un beau sujet, un texte bien écrit, des
magnifiques lumières, de bons acteurs et de somptuex décors ...voilà
une belle pièce pour les amateurs du genre
(Nathalie, Gennevilliers)

Théâtre
de reflexion :
Eric Emmanuel Schmitt (Oscar et la dame rose, L’évangile selon Pilate…)
est un auteur de référence. Il nous a habitué à des pièces à la
fois facile d’accès, tout proposant une réflexion profonde,
souvent porteur d’une dimension spirituelle.
Et dans cette belle salle du théâtre Silvia Monfort, sur un plateau
en damier noir et blanc, une partie d’échec va s’engager entre
Don Juan vieillissant et ses anciennes conquêtes.
La réalisation est de haut niveau, lumière, son, décor,
costumes, interprétations, jeu de lumière, tout cela est tiré
au cordeau. C’est du théâtre abouti et de grand niveau.
Sur le fond, je serais cependant plus réservé.
Les dialogues sont brillants, mais cette confrontation d'idées, d'arguments,
de stratégie et d'analyses comportementales, ces joutes cérébrales,
m'ont semblé d'un autre temps. Comme dans une pièce de Shakespeare,
l'auteur disserte sur le fond de la nature humaine. Comme chez Marivaux, les
méandres de la pensée amoureuse y sont disséqués.
Ce n'est pas inintéressant, mais très explicatif, très didactique.
Il s’agit de la première pièce de l’auteur (écrite
il y a 15 ans), et ceci explique peut-être cela. Pour qui aime le théâtre
de réflexion les propos sont intéressants, mais pour les autres,
la pièce finit par traîner en longueur.
(Patrick, Paris)