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LA VEUVE, LA COUTURIERE, LA COMMERE
(La pièce n'est plus à l'affiche )

De Charlotte Escamez
Mise en scène et lumières de William Mesguish.
Avec Michèle Simonnet, Agathe Alexis, Anne de Broca, Zbigniew Horoks, Philippe Fenwick.

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THEATRE DE L'ATALANTE
10, Place Charles Dullin
75018 PARIS

Genre :
Entre rêve et conte

Le sujet :
Sur un îlot isolé, qui constitue une petite planète aquatique à laquelle on n'accède que par des voies très mystérieuses, vivent trois créatures sans âge. Leurs cheveux sont de fils blancs ; leurs joues sont roses comme des sucettes à la fraise. Parques, océanides, néréides, naïades, ou tout simplement trio de sœurs, elles sont des vieilles femmes infantiles ou peut-être aussi bien des fillettes trop mûres.

Les avis :

Déstructuré :
C’est sur le son d’une sirène de bateau que va commencer un voyage onirique basé plus sur les cauchemars de nos angoisses enfantines que sur nos rêves naïfs et féeriques. Rapidement, on saisit que, de cet endroit mystérieux et non paradisiaque où l’on est invité, on ne pourra s’en échapper.
Trois furies proches de la mythologie grecque vont ainsi incarner trois mondes au décor respectif : une géante robe moirée modelée en chauve-souris pour la raccommodeuse d’émotions, des coquillages fixés sur un walkman pour la spécialiste de la communication, dopée aux ragots et un cimetière passé à la chaux orné de multiples photos de défunts pour la veuve.
Bien qu’austère, amère, sans humanité, nourrie de rancoeurs, l’écriture est belle.
Malheureusement, chacun récite parfois son passage concernant son propre univers sans réellement communiquer avec l’autre. Des longueurs subsistent et l’on peut se demander si les instants bruyants ( les cris des femmes notamment), sont adaptés à la petite salle de l’Atalante (une cinquantaine de places). Si le jeu des comédiens est physique, leur plaisir d’interprétation apparaît peu prégnant. Ce spectacle est à recommander à un public qui ne va pas s’offenser d’une absence de structure…de fil conducteur !
(Claude, Courbevoie )

Poétique :
Onirique et aquatique! L'atmosphère est étrange dès les premières secondes. Où sommes-nous? Sur une île, on nous le dit, mais peut-être est-ce simplement l'univers virtuel de nos songes? Avec qui? Trois femmes, allumées, hallucinées comme des furies antiques ou des sorcières de contes. L'une, la commère, pique, égratigne et se repaît de ragots dérisoires ; la deuxième, la couturière répare et réconforte les hommes/poissons volants; la troisième, la veuve, gardienne d'un cimetière blanc comme un linceul, tue et chérit ensuite la mémoire des hommes échoués dans leur antre. Puis deux hommes, un fou et un travesti qui portent en eux des blessures universelles, jouets macabres et marionnettes de celles qui ne sont peut-être que la représentation de leurs, (de nos) fantasmes les plus tortueux.
Spectacle construit comme des visions, des hallucinations, un songe qu'on ne maîtrise pas, des cauchemars qui nous envahissent et puis nous échappent. Très beaux moments d'une grande poésie. Texte dense, poétique, univers aquatique, fluide et insaisissable suggéré intelligemment par un très beau décor, actrices qui se livrent généreusement au délire de leurs personnages. Costumes superbes.
La mise en scène de William Mesguish est sobre, élégante, raffinée.
Mais il faut se laisser aller, se laisser couler, partir à la dérive pour peut-être retrouver des sensations enfouies. Si on refuse de perdre pied, on reste sur la rive et on passe à côté. J'ai failli rater la vague, mais je replongerais maintenant volontiers!
(Patricia, Paris)

En synthèse :

Dans une petite salle, une création poétique pas facile d'accès